Bouquet de papillons éparpillés

Dans la lumière bleue du soleil.

Mes doigts dessinent un solfège

Pour ce monde qui se perd

Entre rêves et chimères.

 

Il y avait, je m’en souviens,

Un type dans l’amphithéâtre

Qui peignait en blanc

 Un tableau noir.

 

Et ce vieux comédien

Qui, de la céruse aux doigts,

Dessinait sur le visage des filles,

Le  masque d’un pierrot

Ephémère et lunaire.

 

Souvenirs sont Papillons éparpillés

Sur ce monde qui se perd

Entre rêves et chimères.

 

Toutes ces nuits, de bar en bar,

De fac en fac, la fête.

Les ruelles et les impasses,

Eblouies de bruit et de lumière,

Fermant leurs fenêtres, au bout de la ville

Comme ferment leurs yeux,

Au fond de leur lit, au bout de leur vie, les vieux.

 

Cette nuit surtout, oui cette nuit là,

De bar en bar, de fac en fac,

Et là-haut, la lune et les étoiles,

Commères scintillantes,

Penchées au balcon de l’univers

Se moquant de mon chagrin.

 

Deux heures du matin, si loin de l’aube,

Salle des pas perdus, gare saint Lazare,

Tiens j’ai raté mon train.

Dormir dans mon blouson,

Entre deux clochards,

Je rêve de papillons qui tombent,

Un à  un, calcinés

Et d’un pierrot lunaire, c’est Toi

Qui vient de me quitter.

 

Qu’elle est loin cette nuit,

Toujours sensible ma blessure

Loin ce temps aussi

Où le monde n’était pas encore perdu

Entre rêves et chimères.

Plus de papillon, plus de soleil bleu

Plus de fête non plus…

Mais moi je rêve toujours d’un  pierrot lunaire

Qui n’est jamais revenu.

 

J’ai apporté hier

Ma dernière partition

Au cimetière des guitares.

Elles  reposent leurs cordes de cuivre

Et leur âme de bois

Sous la poussière,

Rêvant de concerts

Amenant,  au cœur de l’hiver,

La chaleur de campus

Aujourd’hui disparus.

Mais moi je rêve toujours d’un  pierrot lunaire

Qui n’est jamais revenu.

 

Nostalgie, ce frisson de l'âme,

Fait saigner des blessures

Jamais refermées.

Vivre quand même en sachant

Que les  pierrots lunaires du passé,

Jamais ne reviennent. 

“While my guitar

Gently  weeps…”

 

Last Irokoi ©2011